Panorama en noir et blanc sur des toits-terrasses, avec deux minarets et la chaîne de l'Atlas à l'horizon.
Panorama vers le nord-ouest et Guéliz, 1936. Photo Leo Wehrli, Wikimedia Common — Photo : SoukMarrakech

Guéliz, la nouvelle ville de Marrakech

Par l’équipe SoukMarrakech · Publié le · Mis à jour le · 3 min de lecture

Tracée à partir de 1919 par l'urbaniste Henri Prost, Guéliz est la ville nouvelle de Marrakech : avenues Art déco, jardin Majorelle, musée Yves Saint Laurent et galeries d'art, aux portes de la médina.

À l'ouest de la médina, au-delà des remparts, Guéliz offre un tout autre visage de Marrakech. Ici, pas de ruelles ni de souks, mais de larges avenues bordées d'arbres, des façades Art déco, des terrasses de café et des galeries d'art. C'est la ville nouvelle, née au XXe siècle.

La ville du protectorat

Guéliz voit le jour pendant le protectorat français, qui dure de 1912 à 1956. Comme dans d'autres grandes villes marocaines, les autorités du protectorat choisissent alors de bâtir une ville nouvelle à côté de la médina plutôt que de la transformer. Destinée d'abord aux résidents européens et à l'administration, Guéliz est planifiée et construite à partir de 1919 sous la direction de l'urbaniste Henri Prost, qui dessine aussi les villes nouvelles de Casablanca, Fès, Meknès et Rabat. Les larges rues et les immeubles des années 1920 et 1930 adoptent le style Art déco, dont de nombreuses façades subsistent encore. L'axe principal, l'avenue Mohammed V, relie le cœur du quartier à la Koutoubia et aux abords de la place Jemaa el-Fna.

Panorama en noir et blanc sur des toits-terrasses, avec deux minarets et la chaîne de l'Atlas à l'horizon.
Panorama depuis le toit du musée, vers le nord-ouest (Guéliz), 1936. Photo : Leo Wehrli, ETH-Bibliothek, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Le quartier tire son nom du djebel Guéliz, la colline qui se dresse au nord-ouest. Ce lieu a une longue histoire. C'est sur cette colline que vécut, au XIIe siècle, Sidi Bel Abbès, le futur saint patron de la ville. Et c'est probablement dans ses environs que fut extrait le grès de la porte almohade de Bab Agnaou.

Sites de Guéliz

Le lieu le plus célèbre de Guéliz est le jardin Majorelle. Le peintre français Jacques Majorelle commence à le créer en 1924, puis y fait construire en 1931 une villa-atelier peinte de ce bleu intense qui porte aujourd'hui son nom. Le jardin ouvre au public en 1947. En 1980, le couturier Yves Saint Laurent et Pierre Bergé le rachètent et le restaurent. Il réunit des plantes venues des cinq continents : cactus, palmiers, bambous, bassins de nénuphars. L'ancienne villa abrite depuis 2011 le musée Pierre Bergé des arts berbères, qui présente plus de 600 objets de la culture amazighe venus de tout le Maroc. Tout près, le musée Yves Saint Laurent, ouvert en 2017 dans un bâtiment contemporain, retrace l'œuvre du couturier.

Guéliz conserve aussi un témoin de l'histoire religieuse de la ville : l'église des Saints-Martyrs, construite en 1928 et consacrée en 1929. Seule église catholique de Marrakech, elle est dédiée à cinq franciscains exécutés sur ce site au XIIIe siècle, et elle est toujours desservie par des frères franciscains pour la communauté chrétienne de la ville.

Galeries et musée

Le quartier est enfin devenu l'un des foyers de la scène artistique contemporaine de Marrakech. De nombreuses galeries s'y sont installées, souvent dans d'anciens bâtiments Art déco. Le musée d'art et de culture de Marrakech (MACMA), ouvert en 2016, y présente des objets d'art et des photographies marocaines des années 1870 aux années 1970.

Un quartier en mouvement

Guéliz est un quartier en mouvement. Depuis plusieurs décennies, les villas du début du XXe siècle cèdent peu à peu la place à des immeubles, et le quartier continue de se transformer. C'est aussi en partie la hausse des loyers à Guéliz qui a poussé, au début des années 2000, artistes et créateurs à s'installer plus au nord, à Sidi Ghanem.

Entre musées, jardins, galeries et cafés, Guéliz se visite à pied et se combine facilement avec la médina, toute proche : deux visages de Marrakech à quelques minutes l'un de l'autre.

Guéliz, ville nouvelle née sous le protectorat, a gardé de nombreuses façades Art déco, le jardin Majorelle et ses galeries. On poursuit avec la page de Guéliz.

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