Sidi Ghanem, le quartier industriel devenu créatif
Par l’équipe SoukMarrakech · Publié le · 3 min de lecture
Parc industriel du nord-ouest de Marrakech, Sidi Ghanem est devenu depuis les années 2000 le quartier du design : ateliers et showrooms de tapis, céramiques, luminaires et mobilier, galeries et concept stores.
Sidi Ghanem n'a rien d'un quartier touristique classique : pas de monuments, pas de ruelles historiques. Derrière ses façades industrielles se cache pourtant l'un des lieux les plus créatifs de Marrakech, où ateliers et showrooms de créateurs se succèdent souvent sans enseigne visible depuis la rue.
Un parc industriel
Sidi Ghanem est d'abord un parc industriel, aménagé au nord-ouest de la ville, le long de la route de Safi, dans l'arrondissement de Ménara. Ses allées tracées à angle droit sont bordées d'entrepôts, d'usines et d'ateliers de toutes tailles. Le quartier conserve aujourd'hui encore cette vocation industrielle et artisanale, que la création est venue enrichir.
Le tournant des années 2000
Le tournant se produit au début des années 2000. Les loyers flambent alors à Guéliz, et des artistes, designers et artisans d'art cherchent de grands espaces abordables. Ils les trouvent à Sidi Ghanem, dans des bâtiments assez vastes pour accueillir à la fois un atelier de fabrication et un espace d'exposition. La Biennale de Marrakech, fondée en 2004, contribue ensuite à attirer l'attention des collectionneurs sur le quartier. Les connaisseurs le comparent volontiers au quartier new-yorkais de SoHo, pour ses volumes d'anciens entrepôts reconvertis.
On y trouve aujourd'hui une grande diversité de créateurs, qui puisent dans les savoir-faire traditionnels marocains pour les réinterpréter. Les ateliers de tapis perpétuent l'art du tissage, qu'il s'agisse de pièces anciennes ou de créations sur mesure. Les céramistes renouvellent la poterie, et les créateurs de luminaires et de mobilier travaillent le métal dans la tradition de la ferronnerie. S'y ajoutent des stylistes, des galeries d'art contemporain, des concept stores, des épiceries fines et quelques cafés. La plupart des maisons associent atelier et showroom, si bien que l'on voit souvent les objets fabriqués à quelques mètres de l'endroit où ils sont présentés. Le quartier attire autant les particuliers que les décorateurs, architectes d'intérieur et acheteurs professionnels.
Un quartier en transformation
Sidi Ghanem est aussi en pleine transformation. En 2023, la commune de Marrakech lance un programme de requalification du quartier, avec une première enveloppe de 53 millions de dirhams. En juillet 2025, la deuxième tranche des travaux, d'un montant de plus de 52 millions de dirhams, est confiée à une entreprise de travaux publics. L'objectif est de rendre le quartier plus structuré, plus sûr et plus attrayant, pour les industriels comme pour les visiteurs.
La visite du quartier
La visite demande un peu d'organisation. Le quartier s'étend sur une vaste surface et se prête mal à la marche : mieux vaut prévoir un véhicule, et repérer les adresses par le nom des maisons plutôt que par la numérotation des rues. Il n'existe pas d'horaires communs, et beaucoup d'ateliers ferment le week-end ; la semaine, aux heures de bureau, reste le meilleur moment.
Sidi Ghanem complète ainsi la découverte de l'artisanat marrakchi. Après les souks de la médina, où les métiers se transmettent depuis des siècles, et les galeries de Guéliz, c'est ici que l'on voit comment ces savoir-faire se réinventent aujourd'hui.
Sidi Ghanem, parc industriel devenu un lieu de création, se visite de préférence en semaine, aux heures de bureau, avec un véhicule. On poursuit avec la page de Sidi Ghanem.
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