Savoir-faire

Les métiers qui font vivre la médina

De la terre cuite au métier à tisser, chaque savoir-faire a ses gestes, ses matières et ses artisans.

Bijouterie / Orfèvrerie

Fabrication de parures en argent — fibules (tazerzit ou tiseghnest), colliers, bracelets, bagues — selon des techniques de fonte, repoussé, granulation et filigrane, transmises de père en fils par les isemgan, orfèvres traditionnels berbères.

Ferronnerie

Travail du fer à la forge, à l'étampe ou au marteau, pratiqué par les haddad — les ferronniers-forgerons — pour façonner grilles, lanternes (fandis), meubles et objets décoratifs, dans des ateliers où le métal se travaille encore souvent à l'ancienne.

Feutre

Fabrication de la labda, un feutre de laine battu et moulé à l'eau et au savon noir, utilisé traditionnellement pour les chapeaux, tissus feutrés et couvertures.

Henné

Application de motifs éphémères sur la peau — mains, pieds, chevilles — à l'aide d'une pâte de henné naturel, réalisée au cône ou à la seringue. Ces motifs, appelés nakeche (« ornementation »), mêlent arabesques et formes géométriques traditionnelles.

Herboristerie

Préparation de remèdes traditionnels, épices, cosmétiques naturels et mélanges d'herbes selon des recettes transmises oralement de génération en génération, souvent au sein d'une même famille sur trois générations d'herboristes.

Maroquinerie

Travail du cuir sous toutes ses formes — babouches, sacs, ceintures, portefeuilles et poufs — façonné à la main dans les souks de Marrakech, souvent dans le même atelier où l'artisan vend.

Peinture sur bois

Le zouak (ou tazouaqt) consiste à peindre à la main des motifs géométriques et floraux vifs et colorés sur du bois, souvent après une étape de sculpture préalable — ornementation des portes, plafonds, meubles et moucharabiehs.

Poterie

Façonnage et cuisson de terre cuite locale, principalement issue de l'argile rouge de la vallée de l'Ourika au pied du Haut Atlas — jarres de stockage, plats à tajine, ustensiles de cuisine et objets décoratifs, aux formes simples et rustiques caractéristiques de la poterie de Marrakech.

Teinture

Trempage des fibres naturelles — laine, soie, coton, fibranne — dans des bains de pigments naturels chauffés en cuve, pour obtenir des couleurs vives fixées durablement. Les fibres sont d'abord mordancées (traitées pour fixer la couleur) avant d'être plongées dans le bain de teinture.

Tissage

Filage et tissage de la laine sur métier traditionnel, principalement pratiqué par les femmes berbères des montagnes de l'Atlas — cardage, filature au fuseau, puis nouage brin par brin selon le nœud berbère, ou tissage à plat pour les kilims réversibles.

Tressage

Fabrication de nattes et tapis en paille — les hsira ou hassira — tressées à la main à partir de feuilles de palmier séparées, séchées puis agrémentées de fils de laine colorée. Un savoir-faire léger, écologique et fonctionnel, utilisé traditionnellement pour couvrir les sols.

Vannerie

Tressage à la main de paniers, corbeilles et objets du quotidien à partir de fibres végétales locales — feuilles de palmier doum, jonc, osier et roseau — selon des techniques de tissage en spirale ou en tissage plat, transmises de génération en génération.