Tameslouht, la zaouïa qui fit revivre un village
Par l’équipe SoukMarrakech · Publié le · 3 min de lecture
Fondée au XVIe siècle par Moulay Abdallah Ben Hssain, disciple du saint al-Ghazouani, la zaouïa de Tameslouht a fait de ce village proche de Marrakech un grand centre soufi, rythmé par son moussem annuel autour du mausolée du fondateur.
À une vingtaine de kilomètres au sud-ouest de Marrakech, le village de Tameslouht est connu dans tout le Maroc pour son histoire de grand centre soufi et pour sa zaouïa. On le cite même comme le lieu de naissance de la tanjia, ce plat mijoté en jarre devenu l'emblème de la cuisine de Marrakech.
Les premières mentions du lieu
Le lieu apparaît pour la première fois dans les textes au début du XIIIe siècle. C'est alors le fief d'un haut dignitaire almohade, qui s'y est retranché pendant les luttes internes qui déchirent un pouvoir almohade en plein déclin.
L'histoire qui fait la renommée de Tameslouht commence près de deux siècles plus tard, avec la grande confrérie soufie de la Jazouliya, héritière de l'enseignement de Sidi Ben Slimane al-Jazouli. Au début du XVIe siècle, son maître est Abdallah al-Ghazouani, l'un des Sept Saints de Marrakech, dont la zaouïa soutient plusieurs grands projets agricoles dans la région, en particulier à Tameslouht. Une tradition rapporte qu'un matin, al-Ghazouani conduisit ici un petit groupe de disciples et annonça son intention de redonner vie à cette terre « morte ». Il en confia la tâche à l'un d'eux, Abdallah Ben Hssain, en lui promettant que l'eau coulerait de nouveau dans les rigoles et que les arbres porteraient leurs fruits.
La zaouïa de Tameslouht
Moulay Abdallah Ben Hssain fonde alors la zaouïa de Tameslouht. Son rayonnement dépasse rapidement la région pour gagner Marrakech et les montagnes de l'Atlas. Après sa mort, son tombeau devient un centre de pèlerinage d'importance régionale et même nationale. Aujourd'hui encore, la zaouïa est entretenue par ses descendants, les chorfa de la famille Maslouhi, et le Palais royal lui adresse des dons à l'occasion de certaines commémorations.
Le village s'organise autour de deux pôles. D'un côté se trouve la zaouïa, où vivent les descendants du fondateur. De l'autre s'élève le mausolée de Sidi Abdallah Ben Hssain, vers lequel toute la petite cité se tourne et autour duquel s'organise le moussem annuel. Pendant les trois jours de cette grande fête religieuse, la population du village triple. Le mausolée principal n'est pas le seul : Tameslouht et ses environs comptent de nombreux autres sanctuaires.
Un patrimoine architectural
Ce passé a laissé un patrimoine architectural remarquable. Les demeures de la famille Maslouhi, construites depuis le XVIe siècle, témoignent d'un pouvoir qui s'exerçait à la fois dans les domaines religieux et profane. Le village conserve aussi une curiosité : des tours élévatrices d'eau, vestiges d'un aménagement de la fin du XIXe siècle, qui rappellent l'importance qu'a toujours eue l'eau dans l'histoire du lieu.
La zaouïa se découvre de l'extérieur ; l'accès complet dépend des cérémonies en cours. La visite se prolonge naturellement dans le souk du village et ses ateliers d'artisans. Pour comprendre la grande tradition soufie dont Tameslouht est issue, on peut ensuite rejoindre à Marrakech la zaouïa d'al-Jazouli, dans le nord de la médina.
Tameslouht doit sa renommée à la zaouïa fondée par Moulay Abdallah Ben Hssain, dont le tombeau est devenu un lieu de pèlerinage et que ses descendants entretiennent encore. Pour aller plus loin, la fiche de la zaouïa de Tameslouht rassemble l'essentiel sur le lieu.
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