Vue en contre-plongée des remparts et de l'architecture monumentale de la porte historique de Bab Doukkala à Marrakech.
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Bab Doukkala, porte d'entrée de la médina

Par l’équipe SoukMarrakech · Publié le · 3 min de lecture

Porte almoravide ouverte vers la côte atlantique, Bab Doukkala a donné son nom à un quartier né au XVIe siècle autour de la mosquée fondée par Lalla Messaouda, mère du sultan al-Mansour, et qui abrite aussi Dar El Bacha, le palais du Glaoui.

Au nord-ouest de la médina, le quartier de Bab Doukkala doit son nom à la porte qui ouvre la ville vers la région des Doukkala, sur la côte atlantique, loin au nord de Marrakech. C'est encore aujourd'hui l'une des grandes entrées de la vieille ville.

La porte de Bab Doukkala appartient à l'enceinte construite vers 1126 par l'émir almoravide Ali ben Youssef. Plus massive et moins ornée que les autres portes de la ville, elle reste la principale porte du nord-ouest de la médina.

Massif de pisé rose percé d'un grand arc, avec des passants et un âne sur la place devant.
Bab Doukkala, 1925. Diapositive colorisée à la main par Margrit Wehrli-Frey. Photo : Leo Wehrli, ETH-Bibliothek, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

La rénovation saadienne

Le quartier tel qu'on le connaît prend forme au XVIe siècle, sous les Saadiens. En 1557-1558, le sultan Abdallah al-Ghalib transfère la communauté juive de la ville vers le nouveau Mellah, ce qui libère de vastes espaces dans le nord-ouest de la médina. Les Saadiens y lancent un grand programme de rénovation urbaine, fondé sur la création de quartiers « modèles » organisés autour de grands ensembles religieux. Bab Doukkala en est le premier exemple, avant Mouassine.

La mosquée

Au cœur du quartier se dresse la mosquée de Bab Doukkala. Elle fut fondée par Lalla Messaouda, épouse du fondateur de la dynastie saadienne, Mohammed ech-Cheikh, et mère du futur sultan Ahmed al-Mansour. Commencée en 1557-1558, elle fut probablement achevée vers 1570-1571. On l'appelle aussi Jamaa al-Hourra, la « mosquée de la Libre », un nom qui pourrait évoquer le statut de femme puissante et indépendante de sa fondatrice. Lalla Messaouda repose aujourd'hui dans les Tombeaux saadiens, auprès de son époux.

Un peu plus petite que la mosquée Mouassine, qui lui ressemble beaucoup, la mosquée de Bab Doukkala est par certains aspects plus raffinée encore dans son décor. Sa cour, d'environ 29 mètres sur 30, s'organise autour d'une fontaine. Comme à Mouassine, la mosquée formait le centre d'un ensemble plus vaste, qui comprenait une medersa, un hammam et une école coranique. Elle conserve aussi sa fontaine publique, dont le linteau de bois sculpté porte le même verset à la louange de Dieu que la fontaine Mouassine et la fontaine Chrob ou Chouf.

Dar El Bacha

Le quartier compte un autre monument majeur, plus récent : Dar El Bacha, la demeure bâtie en 1910 et habitée par le pacha Thami El Glaoui, maître du sud marocain sous le protectorat. Une partie du palais abrite depuis 2017 le Musée des Confluences, autour d'un jardin intérieur planté d'orangers.

Le quartier aujourd'hui

Aujourd'hui, Bab Doukkala est un quartier populaire et vivant, tourné vers le commerce de proximité, moins fréquenté par les visiteurs que le cœur des souks. Par sa porte, sa mosquée saadienne et le palais du Glaoui, il offre une entrée naturelle dans la médina, en même temps qu'un raccourci de son histoire, des Almoravides au XXe siècle.

Le quartier de Bab Doukkala réunit une porte almoravide, une mosquée saadienne fondée par Lalla Messaouda et le palais de Dar El Bacha. On poursuit avec la page du quartier de Bab Doukkala.

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