Cour intérieure bordée d'arcades traditionnelles et de verdure dans le quartier de Bab Taghzout à Marrakech.
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Bab Taghzout, la porte isolée du quartier des sept saints

Par l’équipe SoukMarrakech · Publié le · 3 min de lecture

Ancienne porte nord de l'enceinte almoravide, Bab Taghzout perdit sa fonction au XVIIIe siècle quand les remparts furent repoussés pour englober le quartier de Sidi Bel Abbès ; il n'en reste qu'une grande arcade au cœur de la médina.

Une porte sans rempart : au nord de la médina, une grande arcade enjambe la rue principale, juste au sud de la zaouïa de Sidi Bel Abbès. C'est tout ce qui reste de Bab Taghzout, qui fut pendant plus de six siècles la porte nord de Marrakech.

Une porte de l'enceinte almoravide

Bab Taghzout appartient à l'enceinte élevée par les Almoravides. Ce n'est qu'en 1126 que l'émir Ali ben Youssef décide d'entourer la ville d'un circuit complet de murailles, achevé au début de 1127. Selon les chroniques, le chantier ne dura que huit mois et coûta 70 000 dinars d'or. C'est le cadi de Cordoue Abou al-Walid ibn Rochd, grand-père du célèbre philosophe Averroès, qui aurait convaincu l'émir de l'entreprendre, et l'on consulta les astrologues pour choisir le jour le plus favorable. Bab Taghzout figure parmi les portes de cette enceinte d'origine.

Son nom reste d'origine incertaine. Taghzout est un toponyme berbère courant, aux sens multiples. Il pourrait désigner un village voisin, ou la vallée de l'oued Tensift, au nord de la ville. La porte est aussi appelée Bab Sidi Bel Abbès, du nom du sanctuaire tout proche.

À l'origine, elle ressemblait beaucoup à sa voisine, Bab el-Khemis. Deux bastions carrés l'encadraient, et son passage était coudé : on y entrait par le nord pour ressortir vers l'ouest, dans la ville. Ces passages en chicane, fréquents dans les portes médiévales, rendaient l'entrée plus difficile à forcer.

La porte et Sidi Bel Abbès

Le destin de la porte est lié à celui d'un saint. En 1204, Sidi Bel Abbès, le maître soufi qui allait devenir le patron de Marrakech, est enterré dans un cimetière situé juste à l'extérieur de Bab Taghzout. Son tombeau attire les fidèles, puis des habitants de plus en plus nombreux, au point qu'un quartier florissant se développe hors des murs. Au XVIIIe siècle, le sultan alaouite Mohammed ben Abdallah fait repousser l'enceinte vers le nord pour l'englober. La zaouïa devient la nouvelle pointe nord de la ville, et Bab Taghzout perd sa raison d'être.

La porte aujourd'hui

Privée de son rôle défensif, la porte a perdu ses bastions et son passage coudé. Seule subsiste aujourd'hui la grande arcade, au milieu du tissu urbain. Au XIXe siècle, la longue rue marchande qui mène à l'entrée de la zaouïa, aménagée en 1850, a encore renforcé ce lien entre l'ancienne porte et le sanctuaire.

Bab Taghzout marque ainsi l'entrée du quartier de Bab Taghzout et de la Zaouia El Abbassia, resté populaire et peu touristique. En la franchissant, on rejoint en quelques pas la zaouïa de Sidi Bel Abbès et, un peu plus au sud, celle de Sidi Ben Slimane al-Jazouli, deux étapes majeures du pèlerinage des Sept Saints.

Bab Taghzout, porte de l'enceinte almoravide, a perdu sa raison d'être quand le quartier de la zaouïa a été englobé dans la ville : il n'en reste que la grande arcade. Pour aller plus loin, la fiche de Bab Taghzout rassemble l'essentiel sur le lieu.

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