Les teinturiers de Souk Sebbaghine, la couleur à l'air libre

Par l’équipe SoukMarrakech · Publié le · 2 min de lecture

Près de la fontaine Mouassine, les teinturiers plongent laine, soie et coton dans des cuves de couleur, puis suspendent les écheveaux au-dessus des ruelles. Des quarante ateliers d'autrefois, une dizaine seulement perpétue le métier.

Il suffit de lever les yeux. Dans les ruelles de Souk Sebbaghine, près de la fontaine Mouassine, des écheveaux de laine rouge, jaune, bleue ou violette sèchent suspendus au-dessus des passants. C'est l'une des images les plus fortes des souks de Marrakech, et la trace d'un métier qui a fait la réputation du quartier : la teinture.

Le souk des teinturiers

« Sebbaghine » veut dire les teinturiers. Le métier s'y est installé avec l'essor de Marrakech comme grand centre caravanier : il fallait colorer la laine, la soie et le coton qui allaient devenir tapis, vêtements et passementeries. Les ateliers se sont regroupés ici, au cœur des souks, près de l'eau de la fontaine Mouassine, et dans le souk voisin de Lghasoul.

De la cuve à l'écheveau

Le travail commence avant la couleur. Les fibres sont d'abord mordancées, c'est-à-dire traitées pour que la teinture s'y fixe durablement. Elles sont ensuite plongées dans de grandes cuves chauffées, remuées, sorties, rincées, puis mises à sécher en hauteur.

Les couleurs venaient de la nature, et certains ateliers y restent fidèles :

  • l'indigo pour le bleu profond ;
  • la garance et la cochenille pour les rouges ;
  • le safran et le curcuma pour les jaunes ;
  • l'écorce de grenade pour les tons chauds.

Comme les teintes préparées changent d'un jour à l'autre, le plafond de couleurs des ruelles n'est jamais tout à fait le même.

Un métier qui se raréfie

Des quelque quarante ateliers qui faisaient la renommée du quartier, une dizaine seulement travaille encore. Les colorants chimiques et les techniques plus rapides, développés en ville nouvelle, ont réduit l'activité. Certains chaudrons servent désormais aux marchands de cuivre, de plus en plus nombreux dans le souk. On trouve encore sur place des écheveaux de laine, de soie et de fibranne teints, et quelques teinturiers au travail.

Pour voir les teinturiers

  • Quand venir : le matin, quand les ateliers préparent leurs bains. Les souks ouvrent en général de 8 h 30 à 21 h, avec une pause en milieu de journée et une activité réduite le vendredi entre 11 h et 16 h.
  • Photos : demandez avant de photographier un teinturier au travail ; beaucoup acceptent volontiers, surtout si vous achetez un écheveau.
  • Accès : à pied uniquement, par les ruelles du quartier Mouassine. Les ruelles sont étroites et pavées.
  • À combiner avec la fontaine et la mosquée Mouassine, le Jardin Secret et Rahba Lakdima, tous à quelques minutes.

Pour situer le souk dans son quartier, lisez Semmarine et Mouassine, le cœur des souks.

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